Accueil individuel ou collectif – les différents modes de garde

Vous avez le désir ou la nécessité de faire garder votre enfant, votre tout-petit? Souvent, cette nécessité vous est imposée parce que vous devez reprendre votre travail ou parce que vous êtes dans l’incapacité de vous occuper de votre enfant 24 heures sur 24. Parfois, vous faîtes le libre choix de le confier parce que vous pensez qu’il est important pour lui de rencontrer d’autres personnes, d’évoluer dans un milieu différent que le sien etc.

Dans tous les cas, la décision n’est pas facile. Elle peut vous renvoyer une certaine culpabilité qui se mêle avec les avis et les commentaires de votre entourage. A cela s’ajoute un autre choix : celui du mode de garde, comment le choisir ? A-t-on vraiment le choix ?

Cet article a pour but de vous détailler les différents modes possibles, leurs aspects positifs et négatifs selon mon point de vue d’Educatrice de Jeunes Enfants, ayant été responsable de crèche mais aussi d’agence de garde à domicile.

Quels sont les modes de gardes?

Nous pouvons distinguer deux grands types d’accueil : l’accueil collectif (Etablissement d’Accueil du Jeune Enfants – Crèches et Multi-accueils, Micro-crèches, Halte-Garderies…) et l’accueil individuel (Assistants Maternels rattachés à une crèche familiale ou à une PMI, Auxiliaires parentaux…). Quelque soit le type d’accueil, il peut être privé, c’est-à-dire rattaché à une personne, une entreprise ou une association, ou public, c’est-à-dire rattaché à une collectivité, commune ou département. La différence résidera plus dans le fonctionnement administratif et règlementaire et notamment le prix, que dans le fonctionnement.

Les crèches collectives (EAJE, Multi-accueils, Micro-crèches…) accueillent à la journée et de façon régulière les enfants de moins de 3 ans révolus.

Finalement la dénomination « crèche » peut représenter tous les modes d’accueil collectif, pourtant selon le fonctionnement de la structure, de grandes différences apparaissent. Chaque structure dépend d’une règlementation spécifique, qui évolue au fur et à mesure des nouvelles lois, et rarement dans le bon sens ( je vous invite à ce propos à aller voir les travaux du collectif « Pas de bébé à la consigne »). Les différences se jouent entre :

  • le nombre d’enfants accueillis (soit le nombre de « berceaux » ; oui on compte en berceaux et pas en « enfant »)
  • les modes et temps d’accueil, unique ou pluriel, régulier ou occasionnel, temps plein ou temps partiel…
  • le nombre de professionnel.le.s encadrant.e.s et le nombre de professionnel.le.s diplômé.e.s encadrant.e.s
  • le nombre de mètres carrés par enfant

Autrement dit, l’accueil collectif a tendance à prendre en considération un groupe d’enfants, souvent catégorisés par âge (mais pas toujours), un nombre de berceaux plutôt qu’un enfant, votre enfant. C’est compliqué lorsque l’on est un petit bébé qui ne sait pas encore qu’il est un individu à part entière. C’est compliqué aussi lorsque l’on n’a pas encore la maturité psychique pour interagir avec un grand nombre de personnes à la fois, surtout dans les moments de soins et d’intimité comme la toilette, le sommeil ou les repas.

C’est sympa quand, à la maison, c’est un peu difficile à vivre au quotidien. La crèche permet alors parfois de mieux dormir, d’avoir accès à de chouettes jouets et à des personnes qui peuvent être disponibles pour nous écouter. C’est sympa aussi quand on est un parent qui se sent un peu seul, les professionnel.le.s de la crèche sont formé.e.s aussi pour nous accueillir, nous écouter.

La crèche n’est donc pas la solution idéale pour tout le monde, pour tous les enfants et pour toutes les familles, contrairement à ce que la tendance actuelle laisse à penser…

Salle de crèche avec plusieurs berceaux d'imitation en bois

Les halte-garderies offrent le même service, mais accueillent les enfants de moins de 6 ans à temps partiel ou de façon occasionnelle, généralement à des jours fixes.

Ce ne sont pas des lieux d’accueil permanent comme les autres crèches : l’accueil se fait selon la disponibilité des places.

Ce système est idéal lorsque les parents ne cherchent pas une garde à temps plein. Il peut l’être aussi pour l’enfant si un rythme régulier de temps d’accueil est respecté. La séparation se faisant sur des temps réduits, il peut découvrir le monde sans précipitation, même si cela dépendra toujours de chacun.

Il est moins recommandable si c’est un mode de garde choisi par défaut, couplé à d’autres modes de garde parce que la recherche était en réalité une garde à temps plein. De même si le rythme d’accueil est calé sur celui de l’adulte et non celui de l’enfant : un accueil irrégulier qui empêche l’enfant d’anticiper et donc de s’adapter.

Les crèches parentales (Etablissements d’accueil collectif à gestion parentale) sont des crèches ou haltes-garderies créées à l’initiative d’un groupe de parents constitué en association.

Les parents assurent la gestion de la structure et participent souvent, mais pas nécessairement, à l’accueil des enfants avec l’aide des professionnel.le.s de la petite enfance habituel.le.s.

Ces structures demandent un réel investissement de la part des parents, il faut être présent, en fonction de la crèche, pour des tâches administratives, de gestion du personnel, de prise en charge des enfants et parfois d’entretien des locaux. Il faut aussi accepter que son enfant soit parfois pris en charge par un autre parent, qui n’est pas un.e professionnel.le…

Les enfants accueillis en crèche parentale s’habituent le plus souvent à voir leur parent en crèche. Mais pour certains, cela peut être une difficulté supplémentaire pour accepter la séparation. Et cela va dans les deux sens: pas facile de laisser un autre adulte s’occuper de son enfant alors qu’on pourrait être disponible pour lui!

Les micro-crèches accueillent dans un même espace de vie une dizaine d’enfants.

Je reste évasive sur le nombre car depuis leur création en 2009, il a évolué, passant de 9 à 11 et des rumeurs circulent pour un accueil jusqu’à 14 enfants… Les enfants ne sont pas séparés par tranches d’âge comme on peut le voir généralement en crèche collective car la micro-crèche dispose rarement de plusieurs espaces. De plus, il n’est pas rare de voir des micro-crèches en appartement.

La micro-crèche permet aux enfants de connaître tous les autres enfants ou tous les professionnel.le.s qui y travaillent. On peut parler d’une structure « à taille humaine », ce qui ne peut être qu’un point positif pour l’enfant. Le taux d’encadrement n’est pas calé sur l’âge ou sur les capacités motrices de l’enfant mais sur le nombre d’enfants accueillis en même temps. Sur le papier, cela permet un encadrement plus juste. Dans les faits, les professionnel.le.s de micro-crèche (rarement plus de 3 ou 4) ne sont pas toujours disponibles pour les enfants parce qu’elles s’occupent aussi de l’entretien des locaux et de la préparation des repas. De même, l’absence d’un membre de l’équipe représente un manque de 25 % minimum, ce qui engendre d’énormes difficultés organisationnelles qui peuvent avoir des conséquences sur la prise en charge et le bien-être des enfants.

Les jardins d’enfants et d’éveil sont des établissements qui accueillent les enfants de 18 mois à 6 ans.

Ils peuvent être encore appelé « classe passerelle » car leur fonctionnement se rapproche de l’école maternelle, bien qu’ils rassemblent aussi des professionnel.le.s de la petite enfance.

Les jardins d’enfants sont généralement privés ce qui représente un certain coût pour les familles. S’ils ne sont pas des « écoles maternelles bis » dans leur manière de prendre en charge leurs enfants, ils s’avèrent être de véritables lieux d’apprentissage pour les enfants dont le rythme est respecté, à partir d’un âge où ils sont en réelle capacité de se socialiser.

Les crèches familiales ont un nom qui porte un peu à confusion n’est-ce pas ? On peut dire qu’elles proposent un accueil entre l’individuel et le collectif.

La crèche familiale regroupe des Assistant.e.s Maternel.le.s qui y sont rattaché.e.s. Ceux.celles-ci accueillent les enfants de manière individuelle à leur domicile (de 2 à 4 enfants par Ass. Mat.) et participent avec les enfants à des temps de regroupements collectifs au sein de la crèche. Ces temps, de jeux, d’ateliers, parfois de formation sont encadrés par des professionnel.le.s diplômé.e.s, Educateur de Jeunes Enfants ou Infirmière Puéricultrice.

Mêlé accueil individuel et collectif ? Le rêve non ? Encore une fois, tout dépend de l’enfant et de votre situation familiale. Mais il est vrai que l’enfant peut bénéficier à la fois d’une prise en charge individuelle et personnalisée et à la fois de temps de collectivité, permettant la rencontre avec d’autres enfants.

Cependant, les crèches familiales, souvent municipales, ne permettent que rarement aux parents la possibilité de « choisir » leur Ass. Mat. Certes, la crèche et les professionnel.le.s qui y travaillent permettent d’exprimer ses doutes et ses questionnements ce qui n’est pas négligeable. Mais l’Assistant.e Maternel.le aura des comptes à rendre à la crèche et non à vous. Cela peut être aussi un vrai bonus de ne pas avoir à échanger sur des questions contractuelles !

Assistante maternelle qui porte bébé dans bras tout sourire

Les Assistant.e.s Maternel.le.s agréé.e.s accueillent entre 2 et 4 enfants à leur domicile.

Leur agrément est délivré par la P.M.I qui définie le nombre d’enfants et leur âge et qui est chargée de contrôler le respect de la réglementation à leur domicile.

Toutes les Ass. Mat. ne sont pas agréé.e.s, ils.elles n’ont alors pas forcément fait de formation, ne sont pas contrôlé.e.s par la P.M.I. On les appelle Assistant.e.s Maternel.le.s à tord parce qu’ils ou elles s’occupent de votre enfant à leur domicile et non au votre.

La difficulté de cet accueil individuel est qu’il dépend à 100 % de l’Ass. Mat., c’est-à-dire de sa formation, de sa motivation, de son savoir-faire et de son savoir-être. Il ou elle travaille seul.e et dispose de peu de moyens pour faire évoluer ses pratiques hormis sa conscience personnelle et le R.A.M. Il faut souligner également que vous devenez l’employeur de l’Ass. Mat, rôle qui n’est pas fait pour tout le monde !

La relation de confiance entre les parents et l’Ass. Mat. est fondamentale. Pas évidente, mais elle favorise la cohérence éducative et donc le bien-être de l’enfant.

Les Relais d’Assistant.e.s Maternel.le.s (RAM ou RAMI) : sont des lieux d’informations, de rencontres pour les Ass. Mat. indépendant.e.s et pour les familles, en vue d’améliorer l’accueil à domicile des tout-petits. Ils sont gérés par un encadrant travailleur social, généralement un Educateur de Jeunes Enfants. Ils permettent aux professionnels comme aux parents de trouver un lieu ressource, mais aussi des temps collectifs pour les enfants.

Attention, les RAM ne sont pas des lieux d’accueil et les Ass. Mat. n’ont aucune obligation d’être affilié.e.s à l’un deux, à la différence de la crèche familiale. A noter qu’ils ouvrent parfois leurs portes aux Auxiliaires Parentaux, nounous à domicile sur inscription.

Les associations ou entreprises de garde d’enfants à domicile peuvent fonctionner de deux manières différentes

  • En prestataire de services lorsqu’elles emploient du personnel qu’elles font intervenir chez vous ;
  • En mandataire lorsqu’elles sont missionnées pour trouver des personnes pouvant travailler au domicile des familles, mais laissant le soin à chaque famille de se déclarer employeur. A noter qu’il existe également des indépendants-consultants, qui vous proposent de vous trouver votre employé.e (comme moi!).

La prise en charge peut se faire en garde simple ou en garde partagée entre deux ou trois familles. Votre enfant est gardé chez lui et/ou, le cas échéant, au domicile de l’autre famille.

Ce mode d’accueil est le plus naturel pour les enfants et notamment les plus petits car il se fait chez lui. Bébé, l’enfant a besoin de beaucoup de repères et que son rythme soit respecté au maximum pour qu’il puisse se développer et s’épanouir dans les meilleures conditions. Si vous optez pour la garde partagée, ce mode de garde permet aussi la rencontre avec d’autres enfants.

Bébé qui joue aux instruments de musique dans le salon

Néanmoins, il représente un sacré coût pour les parents et il faut accepter de laisser son chez-soi à une personne qui va y passer plus de temps que vous ! Idéalement, cela veut dire aussi que la maison où est gardé votre enfant doit pouvoir être aménagée pour qu’il puisse se développer harmonieusement et en toute sécurité.

L’auxilaire parental.e, assistant.e familial.e, gouvernante, ou encore nounou à domicile, ne bénéficie pas forcément de la formation nécessaire à la prise en charge d’un jeune enfant. Malgré la nomenclature « Garde d’enfant » de la CAF, le parent-employeur peut embaucher qui il souhaite. Les agences de garde d’enfants agrées doivent respecter plusieurs critères dans leur recrutement, mais le suivi et la formation continue de leurs intervenants ne font pas partis de ces critères là. C’est pour moi le point négatif de ce mode d’accueil : le manque de garantie de qualification et d’expérience si le recrutement est négligé et le suivi absent.

Alors vous avez choisi?

Comme vous avez pu le voir, l’offre de modes de garde possibles est diverse et variée. On peut alors se dire qu’il existe un mode de garde adapté à chaque enfant, famille et situation. Si vous avez le choix, quelle chance ! En réalité, les crèches municipales ont des listes d’attentes longues comme le bras et pour accéder aux crèches privées, il faut souvent être salarié d’une entreprise qui dispose de places en crèches : ces dernières ont tendance a privilégier les entreprises aux particuliers. Inversement, si vous avez le budget pour une nounou à domicile, comment savoir si elle applique les bonnes pratiques ?

Cela vous demandera du temps et pas mal d’énergie pour voir ce qu’il peut être possible pour vous, en fonction de votre travail, de votre ville etc. Et croyez-moi, pensez-y avant la naissance de votre enfant ! Effectivement parce que pour certains modes de garde, il faut s’y prendre le plus tôt possible, mais surtout parce qu’une fois que votre enfant est près de vous, il vous sera très difficile d’envisager de vous en séparer et d’être le plus rationnel possible.

Femme enceinte

Pour vous aider dans le choix de votre mode de garde, je vous invite à cliquez ici pour voir la prestation que je propose.

Et si vous vous êtes décidés pour un mode de garde à domicile, jetez un oeil à mon article qui vous explique comment recruter votre nounou.

Et vous, quel mode préférez-vous ? Avez-vous eu le choix ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour échanger avec la communauté. Je répondrai avec plaisir à vos questions !

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